| Historique |
| Un petit point d’histoire. |
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Pendant des
siècles, l’agglomération urbaine s’était
trouvée littéralement coupé en deux
par la rivière de la Penfeld. |
Lent, pénible
et dangereux, le passage de l’une à l’autre
de ses rives escarpées se faisait dans de frêles
embarcations qui devaient transporter piétons, bestiaux
et denrées. En 1689, à la suite d’un
grave accident où périrent plus de trente
personnes, un projet de pont flottant fut étudier,
mais jugé trop onéreux par le ministre Seignelay
l’idée fut abandonnée. |
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Ce n’est qu’en
1836, sous la pression des habitants de Recouvrance, que
le Ministre de la Marine invita le Préfet |
| Maritime à
faire étudier un véritable pont. C’est
ainsi que différentes propositions furent étudiées
telles qu’un pont suspendu (1837), un pont flottant
(1838), un viaduc à deux pont levants (1839), un
pont levant (1843) ou encore un tunnel sous la Penfeld (1842). |
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Finalement le Ministère
de Travaux Publics, avec audace pour l’époque,
trancha pour un pont tournant à deux volées
. |
métalliques.
D’un poids de 750 tonnes chacune, elle pivotaient
au sommet deux tours en maçonnerie implantées
sur les quais de la Penfeld. D’un porte à faux
de 58,50 m, ces volées étaient équilibrées
par une culasse lestée de 28,50 m de longueur. La
portée du pont était de 117 mètres,
son tirant d’air atteignait 21,70 m au-dessus du niveau
de la mer. Dans le même temps s’achevait la
construction du pont flottant. |
Ancien pont tournant de Recouvrance (1861-1944). Le
« Pont National » ou plus communément
« Le Grand Pont » ainsi que « Le Petit
Pont » flottant ou Pont Gueydon de l’arsenal(en
bas à droite). |
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Pour l’ouverture du
« Grand Pont », afin de laisser passer les navires
de haute mâture, les volées tournaient sur
une |
couronne de
galets en fonte ; leur rotation était commandée
par des cabestans à bras. Ainsi si bien équilibré,
il suffisait de quatre solides D.P. (marins de la Direction
du Port) pour le manœuvrer à bras. |
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« Le Petit Pont »
quant à lui, manœuvré par les marins
de la D.P. s’ouvrait seul pour le passage des petits
remorqueurs. |
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Mais la guerre fit rage
et en 1944 « Le Grand Pont » fut détruit,
séparant à nouveau Recouvrance du centre ville. |
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Lors de la reconstruction,
pour l’édification d’un nouvel ouvrage,
les progrès techniques ayant fait leurs preuves dans |
ce domaine,
la première idée fut celle d’un pont
tournant basé sur le même principe, allégé
et à commande électrique. L’idée
d’un pont coulissant dont les deux culasses seraient
venues se loger dans des tunnels sur chaque rive pour dégager
une passe de 50 m au milieu, fut un temps considérée
ainsi qu’un pont basculant à deux volées
du type Sherzer. Mais pour des questions de coût de
construction, de conditions d’exploitation et de sécurité
militaire la solution du pont levant fut finalement adoptée. |
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Mais lors de la construction
de cette œuvre ultra-moderne, le passé devait
encore une fois dire son mot. L’entreprise |
| chargée
de l’édification des quatre énormes
piliers dont les pieds sont immergés dans la Penfeld,
éprouva de grandes difficultés pour atteindre
le roc, et rencontra des épaves dont la coque envasée
d’une barge du XV e siècle qu’il fallut
renflouer.
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Le samedi 17 juillet 1954, le pont fut inauguré
par le secrétaire d’Etat à la Marine,
M. André-François Monteuil, |
| en présence de M. le préfet
du Finistère, de M. Jaouen, sénateur de Brest
ainsi que de nombreuses personnalités. |
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Cet ouvrage grandiose, qui vint dominer la Penfeld
au coté du pont fixe de l’Harteloire inauguré
en 1951, se vit attribué |
| le nom « Pont de Recouvrance
» par la ville de Brest qui en fut le maître d’œuvre.
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